Aller au contenu principal
+41 58 590 11 44
PBM Avocats – Avocats Genève Lausanne
Clause de non-concurrence

Clause de non-concurrence

La clause de non-concurrence en droit suisse

La clause de non-concurrence est une stipulation contractuelle par laquelle un employé s'engage à ne pas exercer d'activité concurrente à celle de son employeur après la fin des rapports de travail. En droit suisse, cette clause est régie par les articles 340 à 340c du Code des obligations (CO). Sa validité est soumise à des conditions strictes et sa portée peut être limitée ou réduite par le juge. PBM Avocats analyse et défend ces clauses à Genève et Lausanne.

Conditions de validité de la clause de non-concurrence (art. 340 CO)

Pour être valide, la clause de non-concurrence doit satisfaire trois conditions cumulatives :

  • Capacité civile de l'employé : l'employé doit être majeur et capable de s'engager
  • Accès à des informations sensibles : l'employé doit avoir connaissance de la clientèle, des secrets de fabrication ou des secrets commerciaux de l'employeur
  • Potentiel de dommage sensible : l'utilisation de ces informations dans une activité concurrente doit être de nature à causer un dommage sensible à l'employeur

Si l'une de ces conditions fait défaut, la clause est nulle de plein droit. Un vendeur sans accès aux secrets commerciaux, ou un ouvrier de production sans connaissance de la clientèle, ne peuvent pas valablement se voir imposer une clause de non-concurrence.

Les limites légales de la clause de non-concurrence (art. 340a CO)

Critère Limite légale Sanction en cas d'excès
DuréeMaximum 3 ansRéduction par le juge à une durée raisonnable
TerritoireDoit correspondre à l'aire d'influence réelle de l'employeurRéduction territoriale par le juge
ActivitésLimitée à l'activité réellement concurrenteRéduction à l'activité effectivement concurrente
Intérêts légitimesDoit correspondre à un intérêt légitime de l'employeurRéduction ou nullité si purement vexatoire

Les cas de caducité de la clause de non-concurrence (art. 340c CO)

La clause de non-concurrence devient caduque (sans effet) dans deux situations importantes :

  • Licenciement sans juste motif par l'employeur : si l'employeur résilie le contrat sans que l'employé ait donné un juste motif (licenciement ordinaire ou abusif), la clause est caduque
  • Résiliation par l'employé pour juste motif imputable à l'employeur : si l'employé résilie pour un motif grave causé par l'employeur (violation grave des obligations de l'employeur, harcèlement, non-paiement du salaire), la clause est également caduque

La caducité est un moyen de défense important pour l'employé qui souhaite exercer une activité concurrente après un licenciement injustifié.

La peine conventionnelle et l'action en cessation

La clause de non-concurrence est généralement assortie d'une peine conventionnelle (clause pénale) que l'employé doit payer en cas de violation. Caractéristiques :

  • Montant forfaitaire convenu à l'avance (en général 2-6 mois de salaire)
  • Simplifie la preuve du dommage pour l'employeur
  • Le juge peut réduire la peine conventionnelle manifestement excessive (art. 163 al. 3 CO)
  • La peine conventionnelle n'exclut pas une action en cessation (injonction de cesser l'activité concurrente), qui peut être obtenue en mesures provisoires urgentes
  • En cas de violation grave, l'employeur peut réclamer des dommages-intérêts supplémentaires si le dommage réel excède la peine conventionnelle

Clauses de non-concurrence dans les contrats commerciaux

Les clauses de non-concurrence ne se limitent pas aux contrats de travail. On les retrouve fréquemment dans :

  • Contrats de franchise : interdisant au franchisé d'exploiter un concept concurrent pendant et après le contrat
  • Contrats de distribution : limitant la concurrence entre le distributeur et d'autres produits du fournisseur
  • Contrats de cession d'entreprise : le cédant s'engage à ne pas relancer une activité concurrente
  • Contrats de partenariat : entre associés ou actionnaires d'une JV

Dans les contrats commerciaux, les clauses de non-concurrence sont soumises aux règles générales du CO sur la liberté contractuelle et, le cas échéant, au droit de la concurrence (LCart) si elles ont un impact sur la concurrence.

Un employeur peut-il toujours imposer une clause de non-concurrence ?

Non. Selon l'art. 340 al. 2 CO, la clause de non-concurrence n'est valide que si l'employé a connaissance de la clientèle, des secrets de fabrication ou commerciaux, et si l'utilisation de ces connaissances peut causer un dommage sensible à l'employeur. Une clause de non-concurrence imposée à un employé sans accès à des informations sensibles est nulle.

Quelle est la durée maximale d'une clause de non-concurrence ?

L'art. 340a CO dispose que la clause de non-concurrence ne peut excéder 3 ans si, eu égard à toutes les circonstances, des intérêts légitimes de l'employeur l'exigent. En pratique, les tribunaux réduisent souvent les clauses excessives à une durée raisonnable (6 mois à 2 ans selon le secteur et les circonstances). Au-delà de 3 ans, la clause est nulle d'office.

L'employé est-il indemnisé pour le respect d'une clause de non-concurrence ?

Le CO ne prévoit pas d'obligation légale d'indemniser l'employé pour le respect d'une clause de non-concurrence. Cependant, l'absence d'indemnisation peut être prise en compte par le tribunal pour apprécier si la clause est équitable ou pour la réduire. Dans d'autres pays (Allemagne, France), une contrepartie financière est obligatoire ; en Suisse, elle est recommandée mais non imposée.

Quand la clause de non-concurrence cesse-t-elle de s'appliquer ?

Selon l'art. 340c CO, la clause de non-concurrence est caduque si l'employeur résilie le contrat sans que l'employé ait donné un juste motif, ou si l'employé résilie pour un juste motif imputable à l'employeur. Elle est donc inapplicable si l'employeur est à l'origine de la rupture ou si son comportement a rendu la rupture inévitable.

Qu'est-ce que la peine conventionnelle en cas de violation de la clause de non-concurrence ?

La peine conventionnelle (clause pénale) est un montant forfaitaire que l'employé s'engage à payer en cas de violation. Elle simplifie la preuve du dommage pour l'employeur. Le juge peut réduire la peine conventionnelle si elle est manifestement excessive (art. 163 al. 3 CO). La peine conventionnelle ne remplace pas l'action en cessation : l'employeur peut obtenir simultanément la peine et l'interdiction judiciaire de poursuivre l'activité.

Besoin d'un avocat ?

Prenez rendez-vous dès maintenant en appelant notre secrétariat ou en remplissant le formulaire de contact. RDV en personne ou par visioconférence.