L'ouverture d'une succursale en Suisse est l'une des deux voies principales offertes aux entreprises étrangères souhaitant établir une présence helvétique, l'autre étant la création d'une filiale (SA ou Sàrl). La succursale est un établissement de la société étrangère en Suisse, sans personnalité juridique propre, mais soumise à des obligations d'inscription et de publicité au registre du commerce. PBM Avocats accompagne les entreprises étrangères dans leur implantation en Suisse romande, en gérant l'ensemble des formalités légales et en conseillant sur la structure la mieux adaptée à leur situation.
Définition juridique de la succursale
La succursale est définie par la jurisprudence du Tribunal fédéral comme un établissement commercial qui présente une certaine permanence, dispose d'une organisation propre et d'une certaine autonomie de gestion, et traite avec des tiers au nom de la maison mère. Contrairement à un simple bureau de représentation ou à un agent commercial, la succursale est dotée d'une autonomie opérationnelle suffisante. Les critères retenus par le Tribunal fédéral sont notamment : la présence de locaux stables, l'existence d'une direction locale, la capacité à contracter directement avec des clients suisses.
L'obligation d'inscription au registre du commerce
L'art. 935 CO impose à toute succursale suisse d'une société étrangère de s'inscrire au registre du commerce du canton où elle est établie. Cette obligation est indépendante du chiffre d'affaires réalisé. La succursale est inscrite sous la même raison sociale que la maison mère, avec l'ajout du lieu de la succursale. L'inscription est constitutive : la succursale ne peut légalement exercer ses activités en Suisse avant cette inscription.
| Document requis | Description | Remarque |
|---|---|---|
| Extrait RC étranger | Attestation d'existence de la maison mère dans son pays d'origine | Récent (moins de 6 mois), apostillé |
| Statuts / acte constitutif | Documents fondateurs de la société étrangère | Traduction officielle si non en français/allemand/italien |
| Décision d'ouverture | Décision des organes de la maison mère autorisant l'ouverture de la succursale | Procès-verbal ou résolution |
| Données du représentant | Identité, domicile suisse, procuration | Domicile en Suisse obligatoire |
| Adresse de la succursale | Siège physique en Suisse (bail commercial ou propriété) | Bail ou preuve de propriété |
Le représentant de la succursale en Suisse
La nomination d'un représentant domicilié en Suisse est obligatoire (art. 935 al. 2 CO). Ce représentant est inscrit au registre du commerce et bénéficie d'un pouvoir de représentation de la succursale. Il peut être un employé de la société étrangère, un directeur local recruté pour l'occasion, ou un prestataire de services de domiciliation mandaté à cet effet. Le représentant doit avoir une adresse de domicile personnelle en Suisse — une simple adresse postale ou commerciale ne suffit pas. PBM Avocats peut accompagner la sélection et la mise en place de ce représentant.
Obligations comptables et fiscales de la succursale
La succursale est soumise aux obligations comptables suisses prévues par les art. 957 ss CO. Elle doit tenir une comptabilité et dresser des comptes annuels distincts de ceux de la maison mère, refletant uniquement son activité en Suisse. Ces comptes servent de base à l'imposition en Suisse. Sur le plan fiscal, la succursale est assujettie à l'impôt sur le bénéfice en Suisse sur les bénéfices réalisés sur le territoire suisse (principe de l'établissement stable). Elle est également soumise à la TVA si son chiffre d'affaires dépasse CHF 100'000 par an. La planification fiscale internationale est essentielle pour optimiser la charge fiscale globale.
Succursale vs filiale : comparaison pratique
| Critère | Succursale | Filiale (SA / Sàrl) |
|---|---|---|
| Personnalité juridique | Non (fait partie de la maison mère) | Oui (entité autonome) |
| Responsabilité | La maison mère répond de toutes les dettes | Limitée au capital de la filiale |
| Capital minimal | Aucun | CHF 20'000 (Sàrl) / CHF 100'000 (SA) |
| Notaire | Non requis | Oui (acte constitutif) |
| Image et crédibilité | Moindre | Meilleure (entité suisse indépendante) |
| Coût et délai de création | Moins coûteux et rapide | Plus long et coûteux |
Particularités à Genève et dans le canton de Vaud
Dans le canton de Genève, les succursales s'inscrivent au Registre du commerce de Genève (RCGE). Dans le canton de Vaud, elles s'inscrivent au Registre du commerce du canton de Vaud (RCVD). Les délais d'inscription varient d'un canton à l'autre, en général de 2 à 4 semaines après dépôt d'un dossier complet. Les émoluments d'inscription sont modiques. Certains secteurs d'activité peuvent requérir des autorisations spéciales (banques, assurances, professions réglementées) auprès des autorités cantonales ou fédérales (FINMA, CFMJ) indépendamment de l'inscription au RC.
Questions fréquentes sur l'ouverture d'une succursale en Suisse
Quelle est la différence entre une succursale et une filiale en Suisse ?
La succursale est un établissement dépourvu de personnalité juridique propre : elle est intégrée dans la structure juridique de la société étrangère (maison mère), qui reste directement responsable de toutes ses obligations. La filiale est en revanche une société de droit suisse autonome (SA ou Sàrl), dotée de la personnalité morale et dont la responsabilité est limitée à son propre capital. Sur le plan fiscal, la succursale est imposée en Suisse sur les bénéfices qu'elle réalise sur le territoire helvétique, tandis que la filiale est imposée sur l'ensemble de son bénéfice mondial (avec éventuelles exemptions CDI).
Un représentant domicilié en Suisse est-il obligatoire pour une succursale ?
Oui. L'art. 935 al. 2 CO exige qu'une succursale d'une société étrangère soit dotée d'un représentant domicilié en Suisse, inscrit au registre du commerce avec pouvoir de représentation. Ce représentant est la personne de contact pour les tiers, les autorités et les tribunaux suisses. Il n'est pas nécessaire qu'il soit de nationalité suisse, mais il doit être domicilié en Suisse au sens du droit civil. La responsabilité personnelle du représentant est limitée : il ne répond pas personnellement des dettes de la succursale, sauf faute personnelle.
Comment est imposée une succursale suisse d'une société étrangère ?
La succursale est imposée en Suisse sur les bénéfices réalisés en Suisse (principe de l'établissement stable). Le bénéfice imposable est déterminé selon les règles comptables suisses et les règles fiscales cantonales et fédérales. La Suisse impose les bénéfices de l'établissement stable au même taux que les sociétés résidentes : environ 13,99 % à Genève et 13,79 % à Vaud. Les conventions de double imposition conclues par la Suisse répartissent le droit d'imposition entre la Suisse et le pays de la maison mère pour éviter la double imposition. Un bilan séparé pour la succursale est nécessaire pour déterminer le bénéfice imposable.
Quels documents sont nécessaires pour inscrire une succursale au registre du commerce suisse ?
L'inscription d'une succursale au registre du commerce requiert notamment : un extrait récent du registre des sociétés du pays d'origine attestant de l'existence légale de la maison mère, les statuts ou l'acte constitutif de la maison mère (traduits si nécessaire), une déclaration du représentant en Suisse avec son adresse de domicile, une description des activités de la succursale, et le cas échéant les procurations accordées au représentant. Les documents étrangers doivent généralement être apostillés ou légalisés.
Une succursale peut-elle devenir une filiale ultérieurement ?
Oui. La transformation d'une succursale en filiale (SA ou Sàrl) est possible mais ne constitue pas juridiquement une transformation au sens de la LFus : il s'agit de créer une nouvelle entité suisse et de lui transférer les actifs et contrats de la succursale. Cette opération nécessite une due diligence fiscale approfondie (notamment en matière d'impôts de mutation et de TVA), la rédaction de contrats de transfert d'actifs, et l'information des partenaires contractuels dont le consentement peut être requis pour la cession des contrats.